mercredi 3 février 2010

Tea Bag, Henning Mankell

Présentation de l'éditeur :
Tea-Bag, jeune Nigériane, traverse l'Europe à pied, persuadée que tout là-haut, en Suède, une porte s'ouvrira pour elle. Tania, venue de Smolensk, a franchi la Baltique à la rame, portée par le même espoir. Leïla est arrivée d'Iran alors qu'elle était enfant. Ensemble elles se démènent pour survivre dans une banlieue de Göteborg où elles ont échoué par hasard. Pendant ce temps, le célèbre auteur Jesper Humlin, qui attend l'inspiration en surveillant son bronzage et le cours de ses actions en Bourse, tente d'échapper à la tyrannie de sa petite amie et de sa mère. Le jour où sa trajectoire croise celle de Tea-Bag, Tania et Leïla, c'est le choc. Il découvre l'existence d'une Suède inconnue, clandestine, comme un double " en négatif " de la Suède officielle, laquelle ignore tout de la première. Aussitôt il envisage de détourner leurs expériences à ses propres fins. Mais les jeunes filles n'ont pas dit leur dernier mot... Dans le nouveau roman de Mankell, comédie et tragédie se donnent la main : tour à tour drôle et grave, dérisoire et engagée, cette histoire pleine de rebondissements et de larmes est un conte inspiré du XXIe siècle et un hommage vibrant à des héroïnes bien réelles.


Ce que j'en dis :
Attention ce Henning Mankell n'est pas un policier. De plus, je l'ai préféré à "Les chaussures italiennes" dans le même genre.

L'histoire commence avec Tea Bag, une jeune africaine, dans un camps de transit en Espagne. Elle tente d'oublier ce qu'elle a vécut lors du naufrage dans laquelle elle s'est trouvé.
Suite à une visite d'un journaliste, d'où elle comprend certains dire à sa façon. elle décide d'aller en Suède.

Suède. Combien de temps s'est-il passé entre l'Espagne et ce pays du Nord ? Rien ne le laisse savoir. On se retrouve avec un poète, Jasper Humlin, la quarantaine, dont sa vie de couplene va pas très fort. La vente de son dernier recueil de poèmes non plus. D'ailleurs, son éditeur le lui fait savoir et l'encourage à changer de genre, comme le polar. Ce qui est bien sûr hors de question pour un poète ! Lors d'une lecture dans une bibliothèque, une étrangère - jeune africaine - lui pose une question qui lui travaillera son esprit.
Suite à certaines circonstances, Jasper Humlin tiendra un atelier d'écriture avec des filles émigrés. Il sera surpris alors par leurs expérience, le choc culturel par moment sera là. Il contacte son éditeur en lui faisant savoir qu'il a une nouvelle idée pour son prochain manuscrit. Alors commence pour lui un périple parmis les mots, les dires, expériences de ce que témoignent ces jeunes filles. Chacune d'elles l'intrigue. Qu'est ce qui est faux dans leurs récits ? Elles prennent l'une à l'autre un pièce de puzzle et se façonnent leurs carapaces.

Roman que j'ai apprécié pour son sujet, l'émigration, les sans papiers. Là ceux sont principalement des jeunes femmes. Puis, il y aussi cette histoire de culture, le choc culturel...
Les passages que j'aimais beaucoup étaient ceux des filles qui racontaient leurs histoires, une pièce d'un puzzle parmis tant d'autre. L'auteur y décrit un fait de société assez répandu et lorsqu'on lit se roman on peut avoir l'impression de lire plus un témoignage qu'une fiction. Comme l'écrit l'auteur dans le post face : "ceci est un roman. Mais tea Bag existe. Tout comme Tania, Leila. Peu importe comment elles se nomment dans la réalité. Ce qui importe c'est leurs histoires."

Extrait :
"C'était une cale pleine de rêves, pensait-elle parfois, mais peut-être aurait-il été plus juste de dire que c'était une cale pleine d'illusions. Tous ceux qui attendaient dans l'obscurité de cette plage marocaine, entre les mains de passeurs avides venus de divers coins du monde, avaient été conduits à la rame vers le bateau qui attendait sur la rade, tous feux éteints. Des marins réduits à des ombres sifflantes les avaient poussés sans ménagement dans la cale, comme des esclaves des temps modernes. Ils n'avaient pas de chaînes aux pieds. Leurs chaînes, c'étaient les rêves, le désespoir, toute la peur au ventre avec laquelle ils avaient fui un enfer terrestre pour tenter d'atteindre la liberté en Europe. Ils touchaient presque au but quand le bateau s'était échoué. L'équipage grec avait disparu à bord des canots de sauvetage en laissant les gens entassés dans la cale se débrouiller."

2 commentaires:

Bruno a dit…

Tea-bag est un roman étrange à deux facettes, une sorte de conte social qui dépeint d'un côté, la vie vaine et privilégiée d'un poète hypocondriaque en panne d'inspiration, écartelé entre une mère possessive, une maitresse possessive, un éditeur possessif, ... bref, un écrivain en panne à qui sa propre vie semble échapper ...
et de l'autre côté de ce miroir social, 3 jeunes filles immigrées dans une banlieue suédoise.

Claire a dit…

J'ai été déçue par ce roman, moi qui ai lu à peu près tous les romans de Mankell avec une égale admiration. Je me suis dit que décidément les bons sentiments ne font pas de bonne littérature. Pourquoi la mauvaise conscience du héros, ses ridicules narcissismes pèsent-ils comme une caricature dans ce face à face avec les malheurs exemplaires des jeunes filles ? On entend constamment en arrière plan la voix d'un lourdaud moraliste qui nous dit quoi penser, quoi ressentir. Et pourtant dans beaucoup de ses livres l'auteur n'a cessé d'interroger avec lucidité et honnêteté le monde d'aujourd'hui, l'Afrique qu'il connaît si bien et son propre pays.....mais là, pour moi, ça n'a pas du tout fonctionné. J'ai lu péniblement jusqu'au bout en espérant atteindre le moment où la grâce du récit advient. Je ne l'ai pas trouvé.

 
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