samedi 29 août 2009

A l'abris de rien, Olivier Adam

Présentation de l'éditeur :
Marie se sent perdue. Son mari, ses enfants sont le dernier fil qui la relie à la vie.Ce fragile équilibre est bouleversé le jour où elle rencontre les « kosovars », ces réfugiés dont nul ne se soucie et qui errent, abandonnés, aux confins de la ville.
Négligeant sa famille, Marie décide de leur porter secours.
Et de tout leur donner : nourriture, vêtements, temps, argent, elle ne garde rien pour elle. Entraînée par une force irrésistible, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau. Avec ce roman, Olivier Adam nous rappelle que la violence qui frappe les plus faibles est l’affaire de chacun. Et trace le portrait inoubliable d’une femme dépassée par la force de ses sentiments.

Moi :
Cela faisait un long moment qu'il était sur ma liste à lire. J'ai longuement hésité, mais lors de ma dernière visite à la bibliothèque je l'ai pris.
Je ne pensais pas être retenue comme je l'étais avec ce roman. Non, ce n'était pas captivant. Mais c'est surtout le personnage de Marie qui m'a intrigué.
Femme mariée, mère de deux enfants, elle souffre d'une dépression. La seule chose qui la retient sont ses enfants.Puis un jour, parmis un de ses moments de de vide, elle ne sait comment, elle se retrouve à aider les sans papiers. Elle oublie de s'occuper de sa famille. Ce qui aura des conséquences aussi bien sur son mari, aussi bien sur ses enfants.
L'auteur parle avec délicatesse de deux sujets : de la dépression, et de ces personnes "bénévoles" qui aident ces sans-papiers jusquà agir dans l'illégalité.
(Roman lu en une soirée)

Extraits :

"Ils prenaient leurs plateaux et nous tournaient le dos avant d'errer au milieu des tables, cherchant quelqu'un à côté de qui s'attabler. Ils se regroupaient par nationalités, sur la droite, les Afghans les Pakistanais sur la gauche, les Kurdes juste à côté de nous et les Africains tout au fond, un peu à part. Assis sur des bancs d'école, voûtés et silencieux, ils mangeaient la tête baissée ou bien les yeux au plafond. Il régnait là-dedans un silence pesant, une tension palpable, un tapis de bruits de bouche, et murmures et de respirations, à peine troublé par celui des couverts. Ils étaient tellement peu nombreux ceux qui parlaient, qui en avaient encore la force, le courage ou simplement l'envie."

"Sans un mot, Bechir s'est levé. Très lentement, presque malgré lui, comme si ça le répugnait, il a soulevé son pull. Les dents serrées le regard fixe et rivé à la fenêtre du fond il a fait ça. Il ne les a pas regardés. Pas un instant. Il a gardé son pull soulevé pendant plusieurs secondes, et tout ce temps il les a ignorés. Je n'ai pas pu m'empêcher de voir. Son torse était couvert de cicatrices. Il y en avait partout. Des traits gonflés de chair abîmée et rougeâtre. Des marques violettes. Des traces de coutures.J'ai dû m'accrocher à ma chaise. Dans ma tête je me chantais une petite chanson, une chanson que Lise aimait bien, une chanson bête et joyeuse qui me rassurait d'habitude. Mais ça n'a servi à rien.J'ai continué quand même.J'ai dû chanter à voix haute, je me suis pas rendue compte,j'étais tellement choquée. La femme en face a planté ses yeux sur moi. On aurait dit qu'elle venait de se rendre compte de ma présence."

3 commentaires:

Mimi a dit…

Bonjour Nini, un livre où je comprends que lorsque l'on fait une dépression... les plus proches parfois ne sont pas nécessairement ceux avec qui ont veut s'en sortir. Et il arrive que l'on ait envie d'aider autrui... ce qui nous apporte aussi un bien-être et qui aide au travers une dépression. Cependant, dans ce roman cette femme malgré ce fort désir semble vivre des moments difficiles avec ce choix bien malgré elle. Un sujet fort intéressant. Merci !

Véronique a dit…

Est-ce qu'un film n'a pas été tourné à partir de ce roman? Ca me rappelle "Maman est folle" avec Isabelle Carré.

Nini a dit…

Veronique @ Je ne suis pas ure mais je pense qu'en effet un film a été basé suite a ce roman mais je ne sais pas le titre :/ Je tacherais de me renseigner :)

 
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