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vendredi 3 juin 2011

'ta mère, Bernardo Carvalho

Présentation de l'éditeur :
Trois jeunes gens et leurs mères, des pères absents et des fils égarés : un conscrit en proie aux mauvais traitements de l'armée russe, un jeune Tchétchène à la recherche de sa mère, un voyou de bonne famille. Puis la rencontre d'une âme soeur, une chimère. Une poignée de femmes essaient de sauver leurs fils de la guerre, de la solitude et du crime. Le tout à Saint-Pétersbourg, à la veille du tricentenaire de la ville, sur fond de guerre de Tchétchénie. Les personnages semblent n'être à leur place nulle part dans leur famille ou dans leur pays, ce qui donne toute sa force à la figure de la chimère, aberration rejetée par la nature et par l'homme, projetée dans des amours absolues. Les histoires s'entrelacent, Bernardo Carvalho orchestre une multiplicité de points de vue et de voix sans jamais perdre l'axe récurrent de la maternité et de son revers, le sentiment d'être orphelin, sans protection, déplacé, dont la guerre est la représentation la plus crue. Un roman magnifique.

Ce que j'en dis :
 Ce fut une lecture un peu difficile. Du moins il a bien fallu la moitié du roman avant que je rentre dans l'histoire sans trop de difficulté.
J'avais dut mal à croire que je lisais un roman sur la ville de Saint Pétersbourg de nos jours, les description de la ville, des conditions me faisaient remonter plutôt une cinquantaine d'année avant au minimum. Puis je me suis rappelé que la Russie n'est pas forcément un pays riche, et les problèmes qu'il y a là-bas.
L'histoire elle-même est intéressante par ses sujets : ces mères cherchant à protéger leurs fils en ne les envoyant pas à la guerre, ou bien à retrouver leurs traces - pour ceux disparus, retenu prisonniers - via une association.
Il y aussi l'histoire d'un jeune Caucasse, qui est dans un camp de réfugié en Tchétchénie, avec sa grand-mère qui se décide à lui parler de sa mère, pourquoi elle a abandonné son fils à son plus jeune âge.
L'histoire reprend avec un jeune voyou de bonne famille, le père travaillant pour l'état... Leurs histoires, à ces deux jeunes gens se croiseront car dans leurs vie une personne en commun sera mêlé à leur histoire. Un cherchant à savoir qui est sa mère, la racontrer, et l'autre cherchant à savoir qui est ce jeune que sa mère voit en secret. 

Là où j'ai eu du mal avec ce roman, c'est que les histoires de trois jeunes hommes se chevauchent entre elles, et des fois ce n'était pas clair pour mon petit esprit :s J'ai fini de le lire parce que c'était un court roman, et que seulement à la moitié, je commençais à y voir clair.
Bien sûr, et je m'y attendais, c'est un roman triste, grave par son sujet et le ton donné. Dans tout les cas, je tire mon chapeau à l'auteur qui est brésilien et a écrit sur la Russie, plus particulièrement sur l'anniversaire tri-centenaire de St Petersbourg.

Extrait :
Ioulia déplie le papier et le lit en silence : "j'écris comme le foiu qui ne peut s'empêcher de chantonner sa litanie insensée, ne serait-ce que pour pouvoir parler seul, plus fort que la rumeur du monde. J'écris au cas où tu déciderais de revenir hanter cette ville. En trois siècles, on a essayé vainement de la nommer trois fois. Un nom par siècle. On a construit trois cents ponts, un pur chaque années, mais aucun ne mène nulle part. personne ne sortira jamais d'ici."
- Il s'agit de Petersbourg, dit Marina. C'est une lettre d'amour.

mardi 20 avril 2010

Départs anticipés, Christopher Buckley

Présentation de l'éditeur :
Ils exagèrent, tous ces retraités. À Washington, entre villas de luxe et terrains de golf, ils sont de plus en plus nombreux à vivre aux crochets de la jeune génération. Aidée par un sénateur assoiffé de pouvoir, Cassandra, conseillère en communication et bloggeuse révoltée, déclare la guerre aux baby-boomers. Son arme ? Le "transitionnement volontaire", comprenez : le suicide assisté...


Ce que j'en dis :
Lorsque BOB l'avait proposé en lecture partenariat, j'avais hésité car je me doutais bien que le sujet emmenerait sur un fond politique, fond auquel j'ai des fois du mal.

J'ai eu dut mal à entrer dans l'histoire, j'ai trouvé un peu long la présentation de Cassandra même si je comprend le but : une jeune fille qui avait toutes ses chances d'étudier dans une université prestigieuse, se retrouve dans l'armée à cause de (l'égoïsme, erreurs ) son père. Par la suite, ils lui arriveront certains événements qui feront qu'elle est la personne qu'elle est.
J'ai pu ressentir une certaine rébellion en elle (contre la société dans laquelle elle vit ?) peut-être est ce pour cette qu'elle tient son blog Cassadre et n'hésite pas à se "vider dessus".
Cass est tenace et ne lâchera pas prise sur son idée. Avec sous la main un sénateur qui rêve d'une certaine place au pouvoir, ils lanceront tout un débat sur le sujet. Commenceront alors les petites guerres verbales, complots pour nuire l'image d'un tel, etc. Car la campagne électoral s'approche.
Là où je suis vraiment entrée dans l'histoire, c'est au moment d'arriver au sujet vif concernant le "transitionnement volontaire" soit un suicide collectif légal pour les personnes âges dès 70 ans.

Pour moi, l'auteur touche avec brio un sujet plus au moins sensible ( je suis sûre que certains d'entre vous, avez entendu mainte fois ce sujet venir lors d'une conversation à un repas de famille !) sur comment gérer une dette qui se passe d'une génération en génération, mais le sujet principal est celui de la retraite (ok, la génération des baby-boomers mais je trouve que le sujet est général...) : la génération actuelle cotisse la retraite pour ceux devant nous.
J'ai su dès alors apprécier le ton sarcastique, ironique, si ce n'est une petite pointe d'humour noir, cette "affaire", projet de loi, qui atteindra la Maison Blanche et le Vatican.

En bref, malgré un démarrage un peu long, j'ai aimé apprécié ce roman pour les raisons cités ci-dessus. D'un côté, je ne suis pas vraiment surprise que cela soit un américain qui écrit sur un tel sujet, si ce n'est pour reprendre cette ligne, lu dans le roman : "Quel pays, l'Amérique. Un asile de fou, sans assez d'infirmiers ni de tranquillisants".

Je remercie Bob et les éditions Points pour cette lecture intéressante et découverte.

Extrait :
" - Mademoiselle Devine, avez-vous effectivement incité les jeunes à commettre des actes de violences ?
- Pas explicitement, mais le résultat est le même. Je ne me cacherai pas derrière le jargon juridique. Oui, je les y ai incités. Et ce soir, Brian, j'appelle notre jeunesse à protester contre la politique fiscale irresponsable de notre gouvernement. Ce vote du Sénat est une abomination. C'est un vote qui q pour effet de retirer le pain de la bouche à ma génération afin de préserver le petit confort de baby-boomers vieillissants et égoïstes. Que ce soit clair :nous ne laisserons pas conduire à la faillite sans réagir."

mardi 23 mars 2010

Le cadeau du froid,, un conte d'Alaska, Velma Wallis

Présentation de l'éditeur :
Née en Alaska, dans une tribu athabaskane, Velma Wallis a été élevée dans les valeurs traditionnelles de son peuple, bercée des légendes transmises de mère en fille depuis des générations. Parmi elles, Le Cadeau du froid, dont Velma a choisi d'écrire le récit des années plus tard, pour rendre hommage à son peuple d'Alaska. Avec des mots simples et justes, elle rappelle l'importance de l'entraide, la richesse de l'expérience et l'incroyable pouvoir de la solidarité et de la volonté. Par sa sincérité, elle a touché plus d'un million de lecteurs dans le monde entier, faisant de cette légende de courage et de survie un texte universel, qui sait nous rappeler l'essentiel.



Mon petit mot à moi :
Je viens juste de finir cette belle histoire, ou plutôt ce conte car cela a été raconté de génération en génération dans le peuple Gwich'in.
Une belle leçon de vie. C'est pas facile d'en parler sans en gâcher la lecture à ceux qui souhaitent le lire.

Pour en faire un résumé court, je dirais juste que cela se passe durant un rude hiver parmi le peuple Gwich'in. Le chef de la tribu, touché par la famine, décide d'abandonner les deux plus vieilles femmes. Cela se faisait alors dans ces tribus, ce n'est pas la première fois que je lis quelque chose là-dessus, il me semble que c'était dans "Le chemin des âmes" qui se déroule dans le Canada, si ce n'est dans l'Alaska. Des fois la famine et la peur pouvaient entraîner à un autre geste...

Donc voilà ces deux vielles femmes, de 75 et 80 étés, qui se retrouvent seules, dans le froid, avec peu de provisions. Elles auraient put tomber dans le désespoir. Mais non. Malgré leur grand âge, elles décident de se battre pour leur propre survie. Cela leur coûtera des forces mais l'instinct de vie est là. L'une d'entre elles est plus optimiste et encourage son amie, et décide de prendre leur destin en main. Elles reprennent confiance en elles, apprennent à se connaître, etc.

Pour la suite, je n'en dirais pas plus. La quatrième couverture décrit très bien le contenu de ce conte et la façon dont il a été écrit.


Un livre que je recommande à lire pour en apprendre non seulement une leçon mais aussi un beau voyage à travers une autre culture dans le passé.


Extrait :
"- Le temps pour nous de quitter ce monde n'est pas proche, ajouta-t-elle rapidement quand son amie leva sur elle des yeux pleins de panique. Mais nous mourons à coup sûr si nous restons ici immobiles. Cela leur donnerait raison, quand ils nous accusent d'impuissance. Ch'idzigyaak écoutait avec désespoir. Comprenant que son amie était dangereusement proche d'accepter le froid et la faim qui la conduisait à la mort, Sa' parla de façon plus pressante : "Oui, dans leur esprit, ils nous ont condamnées à mourir ! Ils pensent que nous sommes trop vieilles et inutiles. Ils oublient que nous aussi , nous avons gagné le droit de vivre ! Je dis donc que si nous devons mourir, mon amie, que ce soit en luttant et pas assises."

mercredi 3 février 2010

Tea Bag, Henning Mankell

Présentation de l'éditeur :
Tea-Bag, jeune Nigériane, traverse l'Europe à pied, persuadée que tout là-haut, en Suède, une porte s'ouvrira pour elle. Tania, venue de Smolensk, a franchi la Baltique à la rame, portée par le même espoir. Leïla est arrivée d'Iran alors qu'elle était enfant. Ensemble elles se démènent pour survivre dans une banlieue de Göteborg où elles ont échoué par hasard. Pendant ce temps, le célèbre auteur Jesper Humlin, qui attend l'inspiration en surveillant son bronzage et le cours de ses actions en Bourse, tente d'échapper à la tyrannie de sa petite amie et de sa mère. Le jour où sa trajectoire croise celle de Tea-Bag, Tania et Leïla, c'est le choc. Il découvre l'existence d'une Suède inconnue, clandestine, comme un double " en négatif " de la Suède officielle, laquelle ignore tout de la première. Aussitôt il envisage de détourner leurs expériences à ses propres fins. Mais les jeunes filles n'ont pas dit leur dernier mot... Dans le nouveau roman de Mankell, comédie et tragédie se donnent la main : tour à tour drôle et grave, dérisoire et engagée, cette histoire pleine de rebondissements et de larmes est un conte inspiré du XXIe siècle et un hommage vibrant à des héroïnes bien réelles.


Ce que j'en dis :
Attention ce Henning Mankell n'est pas un policier. De plus, je l'ai préféré à "Les chaussures italiennes" dans le même genre.

L'histoire commence avec Tea Bag, une jeune africaine, dans un camps de transit en Espagne. Elle tente d'oublier ce qu'elle a vécut lors du naufrage dans laquelle elle s'est trouvé.
Suite à une visite d'un journaliste, d'où elle comprend certains dire à sa façon. elle décide d'aller en Suède.

Suède. Combien de temps s'est-il passé entre l'Espagne et ce pays du Nord ? Rien ne le laisse savoir. On se retrouve avec un poète, Jasper Humlin, la quarantaine, dont sa vie de couplene va pas très fort. La vente de son dernier recueil de poèmes non plus. D'ailleurs, son éditeur le lui fait savoir et l'encourage à changer de genre, comme le polar. Ce qui est bien sûr hors de question pour un poète ! Lors d'une lecture dans une bibliothèque, une étrangère - jeune africaine - lui pose une question qui lui travaillera son esprit.
Suite à certaines circonstances, Jasper Humlin tiendra un atelier d'écriture avec des filles émigrés. Il sera surpris alors par leurs expérience, le choc culturel par moment sera là. Il contacte son éditeur en lui faisant savoir qu'il a une nouvelle idée pour son prochain manuscrit. Alors commence pour lui un périple parmis les mots, les dires, expériences de ce que témoignent ces jeunes filles. Chacune d'elles l'intrigue. Qu'est ce qui est faux dans leurs récits ? Elles prennent l'une à l'autre un pièce de puzzle et se façonnent leurs carapaces.

Roman que j'ai apprécié pour son sujet, l'émigration, les sans papiers. Là ceux sont principalement des jeunes femmes. Puis, il y aussi cette histoire de culture, le choc culturel...
Les passages que j'aimais beaucoup étaient ceux des filles qui racontaient leurs histoires, une pièce d'un puzzle parmis tant d'autre. L'auteur y décrit un fait de société assez répandu et lorsqu'on lit se roman on peut avoir l'impression de lire plus un témoignage qu'une fiction. Comme l'écrit l'auteur dans le post face : "ceci est un roman. Mais tea Bag existe. Tout comme Tania, Leila. Peu importe comment elles se nomment dans la réalité. Ce qui importe c'est leurs histoires."

Extrait :
"C'était une cale pleine de rêves, pensait-elle parfois, mais peut-être aurait-il été plus juste de dire que c'était une cale pleine d'illusions. Tous ceux qui attendaient dans l'obscurité de cette plage marocaine, entre les mains de passeurs avides venus de divers coins du monde, avaient été conduits à la rame vers le bateau qui attendait sur la rade, tous feux éteints. Des marins réduits à des ombres sifflantes les avaient poussés sans ménagement dans la cale, comme des esclaves des temps modernes. Ils n'avaient pas de chaînes aux pieds. Leurs chaînes, c'étaient les rêves, le désespoir, toute la peur au ventre avec laquelle ils avaient fui un enfer terrestre pour tenter d'atteindre la liberté en Europe. Ils touchaient presque au but quand le bateau s'était échoué. L'équipage grec avait disparu à bord des canots de sauvetage en laissant les gens entassés dans la cale se débrouiller."

dimanche 31 janvier 2010

Coeur d'encre, Cornelia Funke

Présentation de l'éditeur :
Meggie, douze ans, vit seule avec son père, Mo. Comme lui, elle a une passion pour les livres. Mais pourquoi Mo ne lit-il plus d'histoires à voix haute ? Ses livres auraient-ils un secret ? Leurs mots auraient-ils un pouvoir ? Un soir, un étrange personnage frappe à leur porte. Alors commence pour Meggie et Mo une extraordinaire aventure, encore plus folle que celles que racontent les livres. Et leur vie va changer pour toujours... Le premier tome d'une magnifique trilogie fantastique, par un célèbre auteur contemporain. Lire n'a jamais été aussi fascinant - et aussi dangereux.


Mon avis :
Lecture que j'ai lu pour un club de lecture, et qui m'a déçu. Cela faisait un moment que je l'avais dans ma liste à lire...
Cela aurait pu être une lecture plaisante pour moi, une aventure parmi les livres.

Meggie a 12 ans et vit avec son père Mo - relieur de livres. Leur maison est remplis de livres bien entendu. La mère de Meggie a disparu neuf ans auparavant.
Un soir d'hiver, un homme vient frapper tard dans la nuit. Meggie curieuse descend discrètement voir qui est ce bonhomme bizarre. Son père lui fait comprendre qu'il a besoin d'être seul avec cette personne. Ce qui intrigue plus la jeune héroine...
Puis au cours de l'histoire, quelques petites pages après. elle apprendra que le visiteur se nomme Dustfinger (lu en anglais donc je ne connais pas le nom en français). Dustfinger cite des prénoms bizarres, peu ordinaire...Que cache le père à sa fille ? Qui est Dustfinger ?


L'histoire est surtout une aventure autour d'un livre nommé Cœur d'encre et autour de ses personnages.
Malheureusement j'ai eu dut mal à y accrocher à cette histoire, peut-être que je l'ai lu au mauvais moment et je ne pense pas lire les deux autres volumes.

Extrait :
"Dans les livres, on lit souvent que la peur procure une sensation de chaleur mais, à la fête de Capricorne, Meggie apprit que la peur est froide, c'est une main gelée qui vous fige le coeur et s'enfonce dans les côtes comme un poing serré. La haine la glaçait, malgré la tiédeur de l'air qui l'enveloppait comme pour lui faire croire que le monde, en dépit du tissu ensanglanté sur lequel Capricorne avait posé en souriant sa main couverte de bagues, était encore intact."

lundi 21 décembre 2009

La double vie d'Anna Song, Minh Tran Huy

Présentation de l'éditeur :
Anna Song, `la plus grande pianiste vivante dont personne n'a jamais entendu parler", laisse derrière elle une œuvre discographique sans précédent. Malgré la maladie, et clans un engagement du corps et de l'âme proche de la ferveur, elle a voué ses dernières années à arpenter, avec une indéfectible justesse, un territoire musical des plus vastes. Gardien du temple et architecte de la légende : Paul Desroches, son mari et producteur. Mais tandis que celui-ci raconte la femme aimée, de l'émerveillement enfantin aux patientes années d'une vie partagée dans une sorte de culte de la beauté, le scandale éclate. Anna Song n'aurait pas enregistré une seule note de sa discographie, pillée ail-leurs par l'amoureux démiurge. Imposture, falsification, trahison : au concert de louanges nécrologiques succède le tapage de l'opprobre, relayé par des médias d'autant plus féroces que bernés. C'est un fascinant jeu de miroirs qu'orchestre ici Minh Tran Huy dans un deuxième roman qui confirme l'avènement d'un univers d'une impressionnante cohérence. Où l'on retrouve l'omniprésente absence du pays des origines, le Viêtnam, dont la réalité floutée par le temps et l'éloignement s'enracine clans un silence peuplé de contes. Et aussi cette petite musique envoûtante, cette opacité impavide plus généreuse qu'elle ne s'affiche, qui évoque irrésistiblement les eaux calmes d'un lac, sous lesquelles se jouent - et demeurent - les plus violentes tragédies. Tombeau du premier, du grand, de l'unique amour, entre ode et plaidoyer, La Double Lie d'Anna Song révèle et défend la folie d'aimer, mais aussi le droit à inventer des vies à la hauteur de cette folie.

Ce que j'en dit :
L'auteur s'est inspirée d'une affaire réelle : celle de Joyce Hatto.
Le narrateur de l'histoire est Paul Desroches. Il raconte sa propre enfance et en vient vite comment il a rencontré Anna Song et la naissance de leur amitié. Au fil des pages, il raconte l'histoire d'Anna et de sa famille immigré du Vietnam, les histoires qu'on lui racontait sur le grand-père maternel, les coutumes du pays, etc.

J'ai pu ressentir assez rapidement que Paul ne vivait que pour Anna, il se dévouait à elle en tant qu'amis d'abord puis par la suite en tant que mari.

Entre chaque chapitres se trouvait un article de journal sur la pianiste. Vers la fin ça se répétait un peu.

Quand à Paul, on pourra comprendre qu'il a fait par amour, pour rendre dignité à celle qui l'aimait.



Extrait : "Le souvenir : ce qui reste à ceux qui ont le temps, qui ont le choix. Anna et moi avions chacun nos morts, et cela ne nous empêchait nullement de vivre dans le souvenir - le fantasme - de ce qui avait été. A cet égard, nous nous ressemblions, tous deux calmes, réservés, et nostalgiques. Mais j'étais un enfant éteint, étourdi par la disparition de ceux dont j'avais imaginé qu'ils seraient toujours là, veillant sur ma petite personne qu'il neige ou qu'il vente, que la terre tremble ou que le ciel brûle. Anna, au contraire, était forte. Son allure fragile dissimulait une volonté plus dure à briser qu'une lame d'acier. En elle brillait le désir d'accomplir de grandes, de belles choses. Une flamme l'illuminait dès qu'elle s'adonnait à la musique ou me parlait de l'empire fugitif sur lequel avait régné son grand-père et que sa mère avait espéré ressusciter. Elle était portée par une énergie quej'avais perdue, à moins que je ne l'aie jamais eue."

vendredi 18 décembre 2009

Hôtel des adieux, Brad Kessler

Présentation de l'éditeur :
Une nuit, au large de la Nouvelle-Écosse, un avion rempli de passagers chute brusquement et sombre dans l océan. Kevin et Douglas, retirés depuis dix ans sur Trachis Island, où ils tiennent un hôtel, sont témoins du drame. Alors que l on recherche les corps dans l espoir de retrouver des survivants , les proches des victimes sont hébergés chez eux. Venant tous d horizons très différents, ils vont peu à peu former une communauté singulière, née de leur solidarité face au deuil. Deux Taïwanais, ayant perdu leur fille, font des offrandes à son fantôme. Un musicien bulgare joue du piano, en souvenir de sa femme violoncelliste. Deux adolescents hollandais affrontent la rage au coeur la disparition de leurs parents. Un exilé iranien récite des poèmes persans pour pleurer sa petite-nièce. Mais le coeur du livre, c'est Ana, spécialiste de la migration des oiseaux, dont le mari, lui-même ornithologue, est une des victimes du crash. Renouant avec la mythologie (Icare est là, en filigrane, mais aussi Ceyx et Alcyone, couple transformé par les dieux en oiseaux), Brad Kessler nous entraine avec une empathie profonde et contagieuse dans l'histoire d'Ana, son bonheur passé, l' infini chagrin de la perte, puis, petit à petit, le retour à la vie, malgré la tragédie.
Ce pourrait être un terrible mélo, or Hôtel des adieux est tout le contraire : une ode à la nature (les paysages décrits sont beaux à couper le souffle) et à la musique, un hymne à la vie, à la solidarité. S'inspirant d'une tragédie réelle, celle du crash de l avion Swissair du 2 septembre 1998, en Atlantique nord, ce roman est une grande aventure humaine. La force de ses personnages, la justesse de ses sentiments, la pudeur de son écriture nous habitent longtemps après qu'on a refermé le livre.


Ce que j'en dis :
Achat compulsif après avoir lu quelques critiques sur des blogs.
Je ne m'entais pas à ce que j'ai lu : une belle écriture remplie de douceur, de poésie alors que l'histoire est mélancolique. Suite à un crash aérien sur Trachis Island, des familles, proches des victimes se retrouvent à l'hôtel de Kevin et Douglas. Ils se retrouvent là pour voir non seulement où on périt les êtres aimés mais aussi pour faire leurs adieux. Ils sont tous de différentes nationalités mais cet accident rapprochera certains d'entre eux.
Quand au gérant de l'hôtel, Kevin qui pensait fermer le lieux pour la saison, cherchera et essayera de faire de son mieux pour leur donner un soutient.

Lors de la lecture, j'ai suivi la confrontation à la perte de certains d'entre eux, car chacun aura sa manière à s'exprimer. Comme par exemple ce couple Taiwanais ayant perdu leurs filles, un bulgare sa femme, puis Ana son mari...
Le roman se partagera en trois parties. Un chapitre sur deux, j'ai suivi l'histoire à travers Ana : le choc, ses émotions, ses pensées, sa façon de faire le deuil...Puis le couple Kevin et Douglas. Surtout Kevin qui cheche absolument à venir en aide à ces personnes et dont il se trouvera affecté d'une certaine manière. A la fin, ce que j'ai apprécié c'est ce qu'il en est devenu de certains personnages au bout de quelques années.

Roman que j'ai aimé pour sa beauté, et que je recommande et que je ne suis pas prête d'oublier de si tôt.

Extraits :
Tiré de la quatrième couverture :
" Sa mère disait que l'âme était un oiseau qui vivait dans la nuque des hommes. La nuit, il s'envolait par la bouche, et revenait au réveil, quand on mourait, il s'envolait pour toujours..."

Tiré d'un dialogue entre Pars et Ana, après que celui-ci ai raconté une très belle légende à Ana :
" - Tout le monde a une pierre patiente, expliqua Pars. Vous voyez, ma mère me racontait cette légende et j'y croyais. Si vous racontez votre histoire suffisamment de fois et si, chaque fois, vous en laissez un morceau derrière vous, un peu de malheur s'efface à chacun de vos récits. "

lundi 14 décembre 2009

La revanche des otaries, Vincent Wackenheim

Présentation de l'éditeur :
" En gros, pour Noé, il y a les animaux qu'on mange, ceux (et surtout celles) qu'on caresse, ceux qui bossent, ceux dont on fait des manteaux ou des pulls, ou des boîtes à gants en galuchat, à la limite ceux qui sont juste jolis, mais les autres, la grande majorité, les moches, ceux qui ne servent à rien, les pas bons, les tout durs, les piquants, ceux qui sentent mauvais, ceux dont le nom est imprononçable, la mygale de Rameshwaram, par exemple (Poecilotheria hanumavilasumica), ou le crapaud de Holdridge (Incilius holdridgei), ou la musaraigne-éléphant (Rhynchocyon udzungwensis), pourquoi diable les embarquer? [...] Noé, la biodiversité, ça n'était pas son truc. "

Moi :
Petit livre que j'avais souhaité lire après avoir lu quelques critiques bonnes et mauvaises sur certains blogs.
L'auteur nous raconte l'Arche de Noé sous une nouvelle version si ce n'est pour dire - excusez moi de l'expression- : la moins catholique. L'histoire est amusante sous certains points : Noé découvre un couple de dinosaure sur son arche. Comment se fait-il ? D'où viennent-ils ? Dans le même genre, j'ai découvert un Noé sous un autre jour : il préféré passer la plus part de son temps en compagnie des animaux (femelles) qu'avec sa femme...
Même si le ton était amusant, je n'ai surement pas choisis le bon moment pour le lire. Je m'explique , j'ai eu par moment du mal à m'attacher à l'histoire, à la trouver drôle selon les paragraphes / chapitres.

Pour les courageux, essayer de l'emprunter ou acheter d'occasion (je trouve qu'il faisait cher pour un si petit livre) et vous verrez par vous-même ;-)

Extrait :
" Ce n'était quand même pas sa faute à lui si cette humanité s'était mise à dérailler grave, l'alcool, le cholestérol, les OGM, le loto, la Bourse qui fait du Yo-Yo, la météo pareil, etj'en passe, les téléphones portables, le Wi-Fi, les politicards véreux et rien à la télé. Tout ce qui avait poussé le Patron à prendre des mesures pour le moins radicales. Résultat, il se trouvait, lui,Noé, à son âge, sur cette barcasse puante, à contenir ces bêtes malpropres et encombrantes, dont le seul objectif dans la vie était de forniquer puis de se bouffer joyeusement les uns les autres, une fois à terre. Pas très reluisant comme projet de vie. Avec maintenant, cerise sur le gâteau, ce couple de DinoZores dont la présence à bord, pour être clair, était juste synonyme de gros emmerdements, au propre comme au figuré. "

mercredi 9 décembre 2009

L'histoire de Chicago May, Nuala O'Faolain

Présentation de l'éditeur :
En 1890, quand May Duignan débarque aux Etats-Unis en provenance de son Irlande natale, elle n'a pour tout bagage que son intrépidité, sa frimousse ravageuse et une bourse contenant les économies volées à ses parents. C'est le début d'une longue vie de crimes et d'aventures. Du Nebraska à New York, de Londres à Paris, celle que l'on appelle désormais Chicago May sera tour à tour prostituée, arnaqueuse, danseuse de revue et braqueuse de banque. Elle connaitra la fortune et la déchéance, les palaces et la prison, mais jamais elle n'abdiquera face aux évènements. Fascinée par ce destin hors du commun, Nuala O'Faolain témoigne de sa quête pour comprendre et raconter cette femme et son temps.


Moi :
C'est rare que je lise des autobiographies mais celle-ci m'avait attiré par le fait que c'était une irlandaise émmigrant aux Etats Unis fin du 19ème siècle.
L'auteur nous explique comment elle tombée sur le nom de Chicago May et pourquoi elle a voulu écrire son histoire.
Je ne peux pas dire que se soit une bio passionnante mais j'ai aimé le côté où l'auteur décrivait la vie d'époque et comment devait se sentir Chicago May, en tant que jeune femme immigré dans un pays où elle ne connaissait personne. Puis ainsi que les femmes de sa condition.

Beaucoup de noms cités, auquel, par moments je me désintéressais. Aussi un peu d'histoire d'Irlande, la vie d'époque dans les contrés lointaines du pays, d'où venait Chicago May. Quelques photos illustrés certaines parties du romans.



Extrait :
"Elle s'éveillait dans l'après-midi dans un grand lit où,j'imagine, un vieux manteau de fourrure miteux servait de couverture d'appoint et où les rideaux étaient cloués à la fenêtre et non suspendus. Je suppose qu'elle pouvait entendre de la rue un homme vendant du combustible à la criée, et qu'il lui montait un sac de charbon. Peut-être y avait-il une domestique quelque part qui allumait le feu et posait une casserole de café en équilibre dessus - May devait se blottir dans la chaleur dès l'instant où le feu rougeoyait. Elle lève sa tasse de café d'une main nerveuse, extrait quelque chose à se mettre hors du chaos de ses vêtements, rafraichît son visage brûlant dans l'eau froide d'une cuvette en fer. Puis elle file vers son banc ou sa chaise attirés dans le saloon quelconque qui était à ce moment-là le quartier général de sa bande."

lundi 30 novembre 2009

Les larmes de Tarzan, Katarina Mazetti

Présentation de l'éditeur :
Elle, c'est Mariana, mais leur rencontre fut assez fracassante pour qu'il la surnomme Tarzan. Lui, il s'appelle Janne, pour de vrai. Mère célibataire, elle élève seule deux enfants, caresse le souvenir de leur fantasque père évaporé dans la nature et tente de nourrir sa petite famille malgré des fins de mois asphyxiantes. Lui, il roule en Lamborghini, papillonne sans s'engager avec de jeunes femmes forcément cadres, élégantes et dynamiques, et déteste que des marmots salissent les sièges en cuir de sa voiture de sport. Ces deux-là peuvent-ils s'aimer ? Et si, malgré l'abîme qui les sépare, ils s'attachent l'un à l'autre, sauront-ils vivre une relation décomplexée qui fera fi des conventions et des barrières sociales ? Après l'immense succès du Mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti met en scène un nouveau couple loufoque et improbable pour mieux brocarder les injustices sociales et rire de l'éternelle guerre des sexes dans un roman enlevé, drôle et caustique.


Ce que j'en dis :
Après avoir lu "le mec de la tombe d'à coté", j'ai voulu lire un autre roman de l'auteur. J'ai décidé de lire celui-ci suite à la présentation de l'éditeur. Je n'ai pas passé un aussi bon moment qu'avec celui que j'avais lu précédemment de l'auteur .
L'auteur reprend le même genre de personnage: un homm et une femme de différent niveaux de société. Lui : même pas 30 an, gagne très bien sa vie à ne pas savoir qu'en faire. Elle : la mi-trentaine, mère de deux jeunes enfants. Leur père ne vit plus avec eux depuis deux ans mais garde contact. Elle, tout le contraire de Janne, a dut mal à faire les fins de mois. Ne mange pas à sa faim et essaye de faire de son mieux pour rester optimiste devant ses enfants.
Lorsqu'ils se racontrent pour la première fois, elle lui tombe dessus tel Tarzan. D'où son surnom.
Janne cherche à avoir le moins affaire à elle et ses monstres. Et pourtant, il se sent attiré par elle comme un aimant, et se sait maladroit en ce qui concerne les enfants.


L'auteur traite surtout du sujet mère célibataire, qui ont du mal financièrement et pourtant font tout leur meilleur pour offrir ce qu'elles peuvent à leurs enfants : pas de nouveaux jouets, on les créer avec de la récupération et un peu d'imagination ; les repas sont très pauvres, tel jours de la semaine (dimanche) toujours le même repas pour en faire une sorte de fête.
Pour résumer où je veux en venir, voici un court extrait :
" Plusieurs fois, l'écart entre nos conditions de vies respectives m'avait écorchée comme un caillou dans la chaussure. Prenez mercredi dernier, je venais de payer le loyer et il ne me restait pas grand chose. [...] Les enfants pleurnichaient et chignaient, je sentais les prémices d'un rhume. Tout leurs jouets étaient nuls où cassés disaient-ils. Alors j'ai déniché un tas de vieux cartons à oeufs, puis on a construit une vraie montagne sur la table du séjour, avec des rochers bosselés, on l'a peinte en gris et on l'a peuplé de mouton et de chèvres qu'on fabriquait avec du coton et des allumettes."

Autrement les chapitres sont courts et les adultes (Janne et Mariana / Tarzan) et aussi bien les enfants ont la parole.
Ce qui nous permet d'avoir un point de vue de chaque protagonistes.
Ceci dit ceux qui souhaitent découvrir l'auteur, je les conseilles de commencer avec " le mec de la tombe d'à coté".

Edit (1/01/10) : l'avis de Heureuse ici

lundi 23 novembre 2009

Ma vie ratée d'Amélie Nothomb, Frédéric Huet

Présentation de l'éditeur :
Dans un récit autobiographique, Frédéric Huet nous confie son désir le plus cher, son obsession : écrire et être publié, en vain jusqu'ici. Il aurait pu et pourrait décider de travailler « comme tout le monde » tout en continuant d'écrire en parallèle mais non, il est écrivain, ne sait qu'écrire et ne veut rien faire d autre. Il en paye le prix fort : RMIste, il fait des ménages pour arrondir ses fins de mois. Passionné de littérature et d'édition, il analyse les rouages et les acteurs de ce milieu tant convoité : les éditeurs, les médias, les libraires et surtout les auteurs de best-sellers comme Amélie Nothomb ou Anna Gavalda. Fasciné par la figure d'Amélie Nothomb, cette dernière est, pour lui, le symbole de la réussite dans l'édition, une figure monstrueuse, une machine à succès.



Ce que j'en dit :
J'avais d'abord lu une critique de ce "journal" dans la magazine Marie-Claire au mois de septembre. Je l'avais donc mis entre parenthésé sur ma LAL. Ce livre avait de quoi m'intriguai déjà par son titre. Titre assez accrocheur à mon avis, et me demandais si l'auteur avait une dent contre elle...D'ailleurs pour reprendre l'auteur sur le titre, il écrivit ceci : " Normalement ce journal devrait s'appeler Notes de rien. Mais je crois que je vais plutôt l'appeler Ma vie ratée d'Amélie Nothomb. C'est plus commercial. Faut que ca se vende tout de même."
J'aime bien A. Nothomb mais sans plus : j'en ai lu quelques un, ca s'arrête là. Puis la couverture, du moins sa photo, n'arrêtait pas de hanter mon esprit en voyant le titre sur mon carnet. Je l'ai commandé et pas regretté une seule seconde cette lecture ! J'avais peur que le magazine avait exagéré
.
L'auteur avait écrit près de dix ans plus tôt un roman "Papa a tort". Depuis, il a essayé de se faire publier pour d'autres romans mais sans succès. Dans ce journal ( où les dates ne sont pas écrite) il nous raconte ses déboires à se faire publier : cela nous donne une idée comment ca se passe avec les maisons d'éditions. J'ai beaucoup aimé ses références vis à vis aux stagiaires dans ces lieux. Il nous parle aussi de ses journées, de ses moments au sauna, de ses petits scénarios si tel roman était accepté d'être publié. Et surtout il écrit beaucoup de choses sur Amélie Nothomb, et bien d'autres auteurs : Anna Gavalda, Frédéric Beigbeder...Il cite certaines de leurs réponses suite à une interview pour un quelquinc magazine.

Un récit à prendre au second degrés, avec une pincée (petite ou grosse, je vous laisserais juger) de cynisme. Une lecture qui m'a bien plus.
Par contre à éviter pour ceux à qui le sexe est intolérable : il y a quelques passages sur les relations homosexuelles. Ainsi que du vocabulaire assez malpoli, un peu sec...
Beaucoup de sourires aussi durant cette lecture. Surtout à la fin lorsqu'il écrit : "[...] j'avais un texte qui pourrait peut-être intéresser une petite maison d'édition, pas une grosse puisque je ne vais tout de même pas envoyer mon manuscrit chez ceux que j'ai critiqué ici, ce serait le comble." Là, je n'ai pas pu m'empecher de pouffer (dans un train remplis avec des regards aussitôt braqués sur moi :p)



Extraits : "Tout à l'heure j'ai cru que c'étaient les éditions Naive qui m'appelaient pour un texte que je leur ai soumis : Guillaume Dustan ( un texte où je raconte que je l'avais pour amant, que j'étais une assez bonne salope). En fait c'était ma salle de sport qui m'appelait pour que je me réabonne. Ils sont sans gênes à ma salle de sport. Ils doivent manquer d'argent eux aussi. C'est pas possible. L'appât du gain. Toujours. Encore. Et toujours."

"Pourquoi je parle toujours que des gens connus, et jamais de gens qui n'arrivent pas à percer ? Qui n'intéressent personne ? Dont personne ne parle ? Parce que les gens pauvres n'intéressent personne, c'est ça ? Mais moi, je veux être connu, alors comment fait-on ? Plagier les gens peut-être ?"

mardi 3 novembre 2009

L'hisoire de l'amour, Nicole Krauss

Présentation de l'éditeur :
A New York, la jeune Alma ne sait comment surmonter la mort de son père. Elle croit trouver la solution dans un livre que sa mère traduit de l'espagnol, et dont l'héroïne porte le même prénom qu'elle. Non loin de là, un très vieil homme se remet à écrire, ressuscitant la Pologne de sa jeunesse, son amour perdu, le fils qui a grandi sans lui. Et au Chili, bien des années plus tôt, un exilé compose un roman. Trois solitaires qu'unit pourtant, à leur insu, le plus intime des liens : un livre unique, L'histoire de l'amour, dont ils vont devoir, chacun à sa manière, écrire la fin. Cet admirable roman, hanté par la Shoah, offre une méditation déchirante sur la mémoire et le deuil. Mais c'est avant tout un hymne à la vie, écrit dans une langue chatoyante et allègre, l'affirmation d'un amour plus fort que la perte, et une célébration, dans la lignée de Borges, des pouvoirs magiques de la littérature. Il impose d'emblée Nicole Krauss comme une romancière de tout premier plan. Prix du meilleur livre étranger 2006.



Moi :
Comme vous pouvez le deviner au titre, c'est u roman qui parle d'amour. De l'amour sous toutes ces formes : celui d'un homme à une femme qui perdra de vue puis lorsqu'il la retrouvera se sera trop tard. L'amour de ce même homme pour son fils qui ne connait nullement l'existence du premier. L'amour que mène une femme à son défunt mari, celui de sa fille envers elle, et aussi de défunt père.
Le roman se partage en trois voix : celle d'Alma - jeune adolescente; celle de Léopold - 80 ans, qui à reussi à émmigré de la Pologne aux USA; puis une voix off, celle du roman de "l'histoire de l'amour" qui nous explique comment ce roman a vu le jour, et son voyage de la Pologne au Chili...
Puis vers la fin, une quatrième voix : celle du frère de Alma.
Alma vit avec sa mère et son jeune frère. Son père est décédé depuis cinq ans, sa mère, triste, vit toujours son amour lui. Alma se dit que si sa mère racontre quelqu'un, elle sera plus heureuse. Un jour celle-ci recoit d'une mystérieuse personne un roman à traduire - au propre usage de ce dernier. L'histoire de l'amour. Alma sait que son prénom vient de ce roman, que c'était le livre préféré de ses parents. Elle se met à lire la traduction. Suite à sa question, elle est touchée et cherche à comprendre certains aspects du livre. Elle se décide à rechercher une personne qu'elle est sure qui existe et se trouve dans le roman, puis l'auteur.

Leopold est un viel homme qui vit avec ses fantomes. Il fut un temps où il écrivait. Il ne vit que pour son fils qui ne connait pas son existence. Le viel homme se remet à écrire juste pour ce fils. Jusqu'au jour où il apprend certaines nouvelles : bonne et moins bonne.

Puis il y a ce roman au coeur de celui que nous lisons. Nous suivons son écriture, sa raison d'être écris, son chemin.


Un très beau roman que je l'ai lu dans sa version original : The history of love. A un court du roman les personnages se croisent et se posent des questions à eux meme n'étant pas sûr de la situation et ni si c'est bien la bonne personne...



Extrait : Les pages que j'avais écrites il y a si longtemps se sont échappées de mes mains et se sont éparpillées par terre. J'ai pensé : Qui ? Et comment ? J'ai pensé : Après toutes ces... Ces quoi ? Ces années. Je me suis replongé dans mes souvenirs. La nuit a passé dans le brouillard. Le matin, j'étais encore sous le choc. Il était midi quand je me suis enfin senti capable de redémarrer. Je me suis agenouillé dans la farine. J'ai ramassé les pages une à une. La page dix m'a entaillé la main. La page vingt-deux m'a assené un coup dans les reins. La page quatre a provoqué un blocage du coeur. Une plaisanterie amère m'est venue à l'esprit. Les mots m'ont trahi. Et pourtant. Je serrais les pages, craignant de voir mon esprit me jouer des tours, de baisser le regard et de découvrir qu'elles étaient blanches.

dimanche 25 octobre 2009

Le livre des choses perdus, John Connolly

Présentation de l'éditeur :
Roman que j'ai souhaité lire après avoir lu la présentation de l'éditeur chez Blog-o-book (livre lu en anglais "The book of the lost things")

Inconsolable depuis la mort de sa mère, David, 12 ans, se réfugie dans les livres pour fuir le remariage de son père et oublier la naissance de Georgie, son demi-frère. Une nuit, alors que depuis quelque temps, déjà, des phénomènes étranges se produisent, David croit entendre la voix de sa mère. Il la suit et découvre un passage caché derrière des buissons, au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve alors propulsé dans un univers parallèle, un monde étrange et hostile peuplé de trolls, de Sires-Loups, de créatures hybrides et d’autres personnages issus de ses lectures et de son imaginaire… Grâce à l’aide du Garde-Forestier et de Roland, un preux chevalier, il va, après bien des épreuves – combats, énigmes à résoudre, pièges à déjouer… – rencontrer un vieux roi qui conserve ses secrets dans un volume mystérieux,
Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait à David de regagner le monde réel. Mais l’Homme Biscornu, être maléfique qui épie David depuis son arrivée, ne l’entend pas ainsi. Il a pour lui bien d’autres desseins…

Ce que j'en dis :
Roman - pour adultes mais aussi bien pour adolescents- que j'ai dévoré pour son sujet : un livre qui nous ramène au milieux de légendes et contes sous forme d'aventure par l'intermédiaire du personnage de David.
David, 12 ans, fait le deuil de sa mere. Son pèer s'est remarié et a emménagé chez sa nouvelle épouse. David adore les livres depuis qu'il est tout petit. Sa mère lui a appris cet amour.
Il attends les livres lui murmuraient. Par une nuit, dans les années 1940 - temps de guerre, David se retrouve dehors dans le jardin pour se retriuver sur une terre étrange qui y mèle contes et légendes par leurs personnages : ceux qui lui font peur ( Croquemitaine en version anglaise, sinon l'homme Biscornu), et d'autres auqeuls il s'attachera.
Le voilà donc seul dans un monde étrange, où les personnages de contes n'ont rien à voir ceux que nous connaissons comme le petit chaperon rouge (courte version complètement différente de celle de Perrault ou celle que nous racontons aux enfants) Hans et Gretel, les 7 nains que David croissera sur son chemin avec une très particulière Balnche Neige... Mais il y aussi ce personnage qui n'arrête pas de tourner autour de David d'une certaine facon. L'homme Biscornu . Que lui veut-il vraiment ? Pourquoi insiste-t-il toujours sur un même point ?
David, malgrès sa peur trouvera la force et le courage d'aller au devant des obstacles pour pouvoir rentrer chez lui.
Quand au livre des choses perdues, nous en apprendrons plus vers la fin du roman et ce livre portera bien son nom.

Un livre que j'ai bien aimé comme je l'ai écrit au début. Si vous aimez les contes, légendes, et n'ayez pas peur d'en lire de nouvelles versions sur les personnages, lisez-le !

Extrait :
Cliquez ici !

mardi 13 octobre 2009

L'empreinte de l'ange, Nancy Huston

Présentation de l'éditeur :
Nous sommes à Paris, à la fin des années cinquante. Saffie, l'énigmatique et belle Allemande aux yeux vert d'eau, devient l'épouse du grand flûtiste Raphaël Lepage, profondément épris dès le premier regard. Mariée, puis mère, Saffie ne change pas : rien ne semble pouvoir illuminer son visage fermé et triste, éclairer des yeux qui en ont trop vu - qui ont tout vu. Rien, sauf l'amour fou qui l'embrase le jour où elle remontre le luthier de Raphaël, un juif hongrois nommé András. Ecartelé entre son histoire et sa passion inattendue pour cette Allemande, il tente d'apprendre - et de lui apprendre - à vivre avec leur passé. Cette bouleversante histoire d'amour et de musique, qui évoque la mémoire, les espérances et les crimes de notre temps, a été couronnée par le grand prix des Lectrices de Elle 1999.



Moi :
L'histoire se déroule à Paris et commence en 1957. La guerre a laissé ses traces dans certaines âmes. Comme la mère de Raphael qui ne veut avoir aucun contact avec des allemands. Raphael passe une annonce pour trouver une bonne à tout faire. Saffie se présente alors un jours sur le palier de sa porte. Elle pourrait paraitre alors sans vie, comme si elle était un coquillage vide. Pourtant elle se mariera avec lui et lui donnera un enfant.
Dès le début de cette lecture, j'ai pu comprendre que Saffie vivait dans son monde, qu'elle avait dut avoir un sorte de traumatisme. Elle en parlera plus avec András, un emmigré hongrois, qu'avec son mari. Peut-être parce que András la comprendrait mieux que Raphael...
Toute facon Saffie mene une double vie, elle est comme le jour et la nuit selon avec lequel des deux hommes elle se retrouve.
A la fin j'étais surprise comment cela se terminait. Il y avait un sujet auquel je m'y étais préparée mais pas pour l'autre.
Un roman à lire.

Extrait :
Pour lire un extrait cliquez ici !

jeudi 3 septembre 2009

Le coeur cousu, Carole Martinez

Présentation de l'éditeur :
Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte: les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé: il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.

Ce que j'en dis :
Je ne sais pas comment résumer ce roman...tellement remplie de magie. Une histoire familliale avec ses peines et joies. Un roman que j'ai eu du mal à lacher tellement je me suis attaché au personnage de Frasquita. Un livre bien rythmé ou se mele amour, poésie, des petits faits incroyables qui rend l'histoire encore plus attachante.
J'essaie de vous faire mon propre résumé :
Soledad est la narratrice de cette histoire, ou plutot celle qui l'écrit. Histoire bien particulière puisqu'il s'agit de celle de sa mère, Frasquita Carasco, et de ses soeurs et frere.
Ca commence avec un certain "héritage", rite, que la propre mère de Frasquita lui confie lors de son adolescence, et qu'elle devra transmettre à sa fille ainée.
Frasquita qui a une réputaion de sorcière à cause de son don, se fera mal voir par les autres villageois. Surtout le jour de son marriage. Puis des faits dans sa vie feront que la vie maritale ne lui ai pas facile, surtout pas avec un mari comme le sien qui par moment de dépression se mettra à vivre tel comme une poule !! Bien sûr il y a des joies, mais c'est surtout dans la tristesse qu'elle se trouvera plus souvent. Jouée par son mari qui n'aura rien d'autre à parier lors d'un combat de coq, elle se mettra à marcher avec ses enfants plus au sud. Au gres du vents, au gres du sable, l'histoire de cette femme qui marche sans but sauf aller plus au sud avec ses enfants se fera connaitre. Une fois arreté contre son gres, elle refera une nouvelle vie...tout en perdurant cette tradition que lui a apprise sa mère qui peut etre comme un poison.

Extrait :
"L'homme se soumit au tranquille pouvoir de la main et du fil. Il regarda le visage de celle qui reprisait son être effiloché. Le fil s'enfonçait toujours plus profondément dans l'épaisseur du tissu.
Mais il ne s'agissait plus d'étoffe, l'aiguille fouillait plus loin. La pointe chatouilla le petit garcon endormi, elle retrouva son ombre cachée au pied d'un olivier et les ligota solidement l'un à l'autre. Frasquita mit bord à bord désir et volonté et recousit le tout. Puis elle fit un noeud au bout du fil et coupa d'un coup de dent ce pont qu'elle avait jeté entre elle et l'homme qui la regardait. Il se sentit soudain orphelin."

samedi 29 août 2009

A l'abris de rien, Olivier Adam

Présentation de l'éditeur :
Marie se sent perdue. Son mari, ses enfants sont le dernier fil qui la relie à la vie.Ce fragile équilibre est bouleversé le jour où elle rencontre les « kosovars », ces réfugiés dont nul ne se soucie et qui errent, abandonnés, aux confins de la ville.
Négligeant sa famille, Marie décide de leur porter secours.
Et de tout leur donner : nourriture, vêtements, temps, argent, elle ne garde rien pour elle. Entraînée par une force irrésistible, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau. Avec ce roman, Olivier Adam nous rappelle que la violence qui frappe les plus faibles est l’affaire de chacun. Et trace le portrait inoubliable d’une femme dépassée par la force de ses sentiments.

Moi :
Cela faisait un long moment qu'il était sur ma liste à lire. J'ai longuement hésité, mais lors de ma dernière visite à la bibliothèque je l'ai pris.
Je ne pensais pas être retenue comme je l'étais avec ce roman. Non, ce n'était pas captivant. Mais c'est surtout le personnage de Marie qui m'a intrigué.
Femme mariée, mère de deux enfants, elle souffre d'une dépression. La seule chose qui la retient sont ses enfants.Puis un jour, parmis un de ses moments de de vide, elle ne sait comment, elle se retrouve à aider les sans papiers. Elle oublie de s'occuper de sa famille. Ce qui aura des conséquences aussi bien sur son mari, aussi bien sur ses enfants.
L'auteur parle avec délicatesse de deux sujets : de la dépression, et de ces personnes "bénévoles" qui aident ces sans-papiers jusquà agir dans l'illégalité.
(Roman lu en une soirée)

Extraits :

"Ils prenaient leurs plateaux et nous tournaient le dos avant d'errer au milieu des tables, cherchant quelqu'un à côté de qui s'attabler. Ils se regroupaient par nationalités, sur la droite, les Afghans les Pakistanais sur la gauche, les Kurdes juste à côté de nous et les Africains tout au fond, un peu à part. Assis sur des bancs d'école, voûtés et silencieux, ils mangeaient la tête baissée ou bien les yeux au plafond. Il régnait là-dedans un silence pesant, une tension palpable, un tapis de bruits de bouche, et murmures et de respirations, à peine troublé par celui des couverts. Ils étaient tellement peu nombreux ceux qui parlaient, qui en avaient encore la force, le courage ou simplement l'envie."

"Sans un mot, Bechir s'est levé. Très lentement, presque malgré lui, comme si ça le répugnait, il a soulevé son pull. Les dents serrées le regard fixe et rivé à la fenêtre du fond il a fait ça. Il ne les a pas regardés. Pas un instant. Il a gardé son pull soulevé pendant plusieurs secondes, et tout ce temps il les a ignorés. Je n'ai pas pu m'empêcher de voir. Son torse était couvert de cicatrices. Il y en avait partout. Des traits gonflés de chair abîmée et rougeâtre. Des marques violettes. Des traces de coutures.J'ai dû m'accrocher à ma chaise. Dans ma tête je me chantais une petite chanson, une chanson que Lise aimait bien, une chanson bête et joyeuse qui me rassurait d'habitude. Mais ça n'a servi à rien.J'ai continué quand même.J'ai dû chanter à voix haute, je me suis pas rendue compte,j'étais tellement choquée. La femme en face a planté ses yeux sur moi. On aurait dit qu'elle venait de se rendre compte de ma présence."

lundi 17 août 2009

Les chiens et les loups, Irene Nemirovsky

Présentation de l'éditeur :
Irène Némirovsky, morte à Auschwitz en 1942, est l'auteur d'une oeuvre étonnante qui fait d'elle un des plus grands écrivains de l'entre-deux-guerres. À la croisée des cultures juive, française et slave, cette romancière ne cesse de surprendre par sa modernité. Comme la plupart de ses romans, Les Chiens et les Loups (1940) n'est pas étranger à son histoire personnelle. La douleur de l'exil (issue de la haute bourgeoisie, Irène Némirovsky fuit Kiev et la révolution d'Octobre avec sa famille avant de trouver refuge en France), le poids de la société et la fatalité du destin sont au centre de ce roman qui évoque l'amour insensé de deux jeunes gens, Ada, une artiste révoltée, et Harry, un riche banquier, les deux facettes d'une même personne. Tragiquement attirés l'un vers l'autre, rien ne peut les réunir, si ce n'est le sentiment de leur propre perte. Empreint de mélancolie, Les Chiens et les Loups est un texte bouleversant sur l'enfance et l'innocence perdues, un chef-d'œuvre de la littérature, à découvrir ou à redécouvrir
.


Ce que j'en pense :
L'histoire tourne surtout autour de trois personnages juifs : Ben, Ada, et, Harry. Ils viennent de différent niveau de société : les deux premiers, du plus bas; quand à Harry, du plus haut. Pourtant entre eux, ils ont un lien de parenté...
Ils vont fuir leur pays pour se réfugier à Paris, tout en restant chacun dans leurs places dans la société. Pourtant, pour Ada, aussi bien que ben, ont des espoirs qu'ils esperent se réaliser. Bien sûr, il y aura des conséquences.
Roman fort : l'auteure nous parle d'un sujet qu'elle connait bien pour l'avoir vécu elle-même : la douleur de l'exil, les différences de sociéetés, et comment vivaient les juifs.
Un roman avec des sentiments forts et boulversant : après tout, ne trouveront-ils pas leur bonheur ? Entre les deux sociétés bien différentes entre Harry et Ada, on pourra comprendre que ce n'est pas si simple, qu'ils ne viennet pas du même monde.

Beaucoup de paragraphes m'ont touches. En voici deux extraits :

"Non ! Un tel mariage n'était pas souhaitable. Non que le père de Laurence fût croyant, mais... D'ailleurs, il ne s'agissait pas seulemnt d'un juif, mais d'un étranger. non, cela était un jugement trop hautain et abrupt, sans doute. La vérité était qu'il faisait en esprit une discrimination entre diverses catégories d'étrangers."

"Dans la maison, on considérait Ben et Ada avec une pofonde méfiance, Ces jeunes gens qui ne semblaient pas savoir ce qu'était un repas chaud, un pot-au-feu, une soupe bien mijotée, ces jeunes gens qui parlaient une langue étrangère et passaient vite devant vous, les yeux baissés, comme s'ils avaient peur de vous, ils etaient ...ah! Ils étaient des étrangers...Voilà, ce mot disait tout."

dimanche 9 août 2009

Le jeu de l'ange, Carlos Ruiz Zafon

Présentation de l'éditeur :
" je t'emmenerais dans un endroit secret où les livres ne meurent jamais et où personne ne peut les détruire..."
Barcelone, années 1920. David Martin, dix sept ans, travaille au journal La voz de la Industria. Son existence bascule un soir de crise au ournal : il faut trouver de toute urgence un remplacant au feuilletoniste dominical. Sur les conseils de Pedro Vidal, chroniqueur à ses heures, David est choisi. Son feuilleton racontre un immense succès et, pour la première fois, David est payé pour ce qu'il aime le plus au monde : écrire.
En plein succès, David accepte l'offre de deux éditeurs peu scrupuleux : produire à un rythme effréné des feuilletons sous pseudonyme. Mais après quelques années, à bout de force, David va renoncer. Ses éditeurs lui accordent alors neuf mois pour écrire son propre roman. Celui-ci, boudé par la critique et sabordé par les éditeurs, est un échec. David est autant plus desespéré que la jeune fille dont il est amoureux depuis toujours - et à laquelle le livre est secretement dédié - va épouser Pedro Vidal.
Son ami libraire, Sempere, choisit ce moment pour l'emmener au Cimetière des livres oubliés, où David dépose le sien. Puis il arrive un offre extraordinaire : un éditeur parisien , Corelli, lui propose, moyennant cent mille francs, une fortune, de créer un texte fondateur, sorte de nouvelle Bible, "une histoire pourlaquelle les hommes seraient capable de vivre et de mourir, de tuer et d'être tués, d'offrir leurs âmes".
Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met en place autour de David. En vendant sa liberté d'écrivain, aurait-il vendu son âme au diable ? Epouvanté et fasciné, David se lance dans une enquête sur ce curieux éditeur, dont les pouvoirs semblent transcender le temps et l'espace.


Mon avis :
Comment ne pas penser à "l'ombre du vent" en refermant ce roman (lu en anglais, sortie en édition francaise le 14 aout si je me souviens bien) Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est le même genre que le roman précedent de l'auteur : gothique, mystique, sombre...Puis j'ai retrouvé avec plaisir à deux reprises le cimetières des livres oubliés, puis durant une grande partie de l'histoire la librairie de Sempere et fils. Puis il y a ce mystérieux personnage, Andreas Corelli, qui fait d'abord une offre à David, et la lui re-propose un an après. Qui est-il vraiment ? Il m'a donné l'impression d'être le diable en personne...mais à la fin de ma lecture, je n'ai su quoi en penser.
Toute facon, une grande partie de ce roman plane sur un mystère. J'ai eu surtout aussi cette impression de déja vu, ou plutot déjà lu tellement il y a de points semblables a "l'ombre du vent". Comme David Martin qui est sur les traces d'un auteur d'un livre bien particulier.
Roman que j'ai aimé mais je recommanderais toutefois à quelqu'un qui souhaite lire un roman de cet auteur de lire le fabuleux "l'ombe du vent" avant de lire celui-ci.

Extrait (le magzine Lire avait publié dans leur dernier numéro le premier chapitre du roman)
"Un écrivain n'oublie jamais le moment où, pour la première fois, il a accepté un peu d'argent ou quelques éloges en échange d'une histoire. Il n'oublie jamais la premiére fois où il a senti dans ses veines le doux poison de la vanité et cru que si personne ne découvrait son absence de talent, son rêve de littérature pourrait lui procurer un toit sur la tête, un vrai repas chaque soir et ce qu'il désirait le plus au monde : son nom imprimé sur un misérable bout de papaier qui, il en est sûr, vivra plus longtemps que lui. Un écrivain est un condamné à se souvenir de ce moment, parce que dès lors, il est perdu : son âme a un prix."



dimanche 31 mai 2009

Le petit prince cannibale, Francoise Lefebre

Présentation de l'éditeur : Femme déchirée, femme déchaînée, la narratrice est un écrivain qui tente de raconter l'histoire de Blanche, une éblouissante cantatrice que la mort ronge vivante. Mais elle est d'abord la mère de Sylvestre, l'enfant autiste qu'elle veut à tout prix faire accéder à la vie et au monde des autres. Or le petit prince cannibale en ce combat dévore les phrases, les mots de la mère écrivain. Dès lors c'est un véritable duo concertant qui s'élève dans les pages du livre entre deux voix, entre deux femmes, l'une, superbement triviale, s'affrontant à tous les interdits et préjugés qui menacent son enfant, l'autre, la romancière, passionnée, dont les espoirs et les désespoirs se mêlent à ceux de Blanche, son héroïne.

Ce que j'en dis : Une belle écriture pour une magnifique histoire qu'est la maternité, mais aussi la douleur de cette mère vis à vis de son fils autiste. Elle lui parle d'amour, elle nous parle des regards des autres qui ne pouvaient pas comprendre.
Pourtant, je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire. Heureusement que l'écriture de l'auteur a fait que c'est pour cette raison que je l'ai jusqu'au bout.


Extrait :
"Toi,j'ai besoin de te tenir contre moi, de t'entendre respirer. Ta main minuscule serre mon doigt avec cette force stupéfiante des nouveau-nés.J'ai besoin de ton odeur. Je t'emmène partout caché sous ma cape, si bien caché, si bien au chaud que je t'entends presque ronronner. Le plus merveilleux, c'est de t'allaiter adossée contre un arbre. Sentir ce jaillissement qui s'en va te fortifier. Le plus fabuleux, c'est d'être un corps à manger, un corps nourrissant. Cette fuite du lait vers ta bouche adorable et vorace, c'est aussi la fuite du temps. Alors, je reste là, en pleine détresse, en pleine lumière, sachant bien que c'est aujourd' hui, l'éternité. Maintenant. Et tout de suite. En moi, tout se réconcilie. Tout s'apaise.J'aime le monde. La mort n'existe plus. La mort peut-elle avoir les seins gonflés de lait ? La mort peut-elle réchauffer un enfant ? Un fleuve coule à mes pieds tandis que je te nourris le dos contre l'arbre sous un ciel dont le bleu de vitrail ne me menace plus. Je regarde les collines fleuries. Les tuiles rondes et rouges, la terre fumante et je me sens prise, soulevée par la joie du monde. Prise. Aimée. Baisée. En accord totale avec je ne sais quel Dieu, si merveilleusement accompagnée par les chants de la terre que je supplie moi aussi que ma joie ne s'enfuie pas. La conscience de la joie est impitoyable.J'ai pleuré en allaitant.J'ai pleuré en écrivant."

dimanche 10 mai 2009

Le poids des secrets, Tome : Tsubaki ; Aki Shimazaki

Présentaion de l'éditeur :
Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko, une survivante de la bombe atomique, évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d'abord à Tokyo puis à Nagasaki. Elle reconstitue le puzzle d'une vie familiale marquée par les mensonges d'un père qui l'ont poussée à commettre un meurtre.
Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n'échappe à son destin.


Mon avis :
Un court message pour dire que ce petit roman, ou plutot premiere partie, assez court se lit trop vite...même en y faisant attention à ne pas le dévorer. Il n'y a pas d'action, pas de suspense. L'écriture de l'auteure est fluide, et se lit très facilement. je me suis laissée emporté par les mots.
La plupart des pages de ce roman est sous forme d'une longue lettre, d'une mère à sa fille. Elle lui raconte un secret, si ce n'est deux selon comment on interprete les choses. Elle lui raconte aussi une période de sa vie qu'elle a toujours évité de parler non parce qu'elle a été traumatisé par cette bombe d'Hiroshima.

Lorsque j'ai lu les derniers mots, j'ai juste regretté que cela ne se poursuivait pas. De pas avoir le tome 2. je devrais être patiente jusqu'à cet été et pouvoir me procurer les volumes suivants !

Extrait :
"Un jour, dans le bois de bambous, Yukiko me dit :
- La guerre se terminera bientôt. Il le faut. On ne pourrait pas gagner la guerre même en faisant travailler des enfants. Il n'y a pas de libertés. Pas du tout. On n'a pas le droit de dire ce qu'on pense. Ce n'est pas à cause de la guerre. C'est une mentalité dangereuse qu'on a ici. On ne cherche que le pouvoir. On ne fait pas la guerre pour la liberté. "
 
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